La Saône, cette poubelle…
Rédigé le 10-02-2009 à 15:41 par ecc admin
Rien de bien nouveau sous les étoiles, mais dernièrement, juste la confirmation du pire. On apprend de source officielle que nos instances d’Etat, -par la voix de Nathalie Kosciusko-Morizet- envisagent carrément des mesures d’interdiction de pêche en raison de la pollution aux PCB… Ces PCB, arrivés avant-hier matin le temps d’une brume hivernale.
La Saône, cette poubelle. D’aucun jugeront que ce titre pue l’emphase sensationnaliste. Comme ils se trompent… A l’heure du No Kill pratiqué par une part grandissante des pêcheurs, ironie du sort, c’est notre rivière qui se meurt. Exemple parmi d’autres, la Saône étouffe de sa pollution agricole, industrielle et de sa surexploitation comme axe de transport. Cela confirme une fois de plus l’étendue des dégâts. La Saône s’inscrit dans la droite ligne des rivières et fleuves français poubellifiés. Déjà contaminés par les métaux lourds, les poissons de Saône le sont désormais par les PCB. C’est avéré.

Sombre présage... Ici à Neuville, un pauvre silure a révélé son curieux taux de PCB.
Révélée par le journal le Progrès, l’analyse affligeante de ce silure lambda (pour ne citer que lui) qui affiche un taux de 20,85 picogrammes/kg alors que la norme européenne fixe la concentration maximale à 8 picogrammes/kg. On imagine avec effroi les concentrations accumulées par des silures de la première génération (des trentenaires) ou par de très vieilles carpes. Fort heureusement, on nous dit que « les PCB toucheraient surtout les poissons de fonds », à avoir les moins nobles et les moins recherchés : brêmes, carpes, silures etc. Par chance, le sandre outrepasserait même la pollution. Vaste blague ou criante incompétence ?

Le Rhône, ses parcours propres... ses parcours sales... Comprenne qui pourra... et démerde toi avec ça !
Nos instances continuent de nous mijoter sur de drôle de cartes -comme cela est fait avec le Rhône- des tronçons « clean » et d’autres « sales », ainsi que des poissons « bons » et d’autres « mauvais ». En l’occurrence, la Saône aval (Confluence Doubs à confluence Rhône) est contaminée. On morcelle, on ventile, on dispatche... D’un point kilométrique à l’autre, la rivière devient saine. Et au final, le pêcheur n’y comprend rien du tout. Si ce n’est qu’on le prend vraiment pour une quiche.

La relève est déjà bourrée de PCB et de métaux lourds.
Qui garantit aujourd’hui en France la préservation des milieux et des populations piscicoles ?
Une circulaire de Joël Parcel tente d’éveiller les consciences, lui qui lit avec amertume l’évolution de sa rivière depuis 50 printemps. Cet amoureux de la Saône n’admet guère « la chute spectaculaire de la densité piscicole ». Il soulève nombre d’incohérences de notre système : « vous pouvez prélever en toute liberté /…/ à la condition de ne pas consommer ». Total droit de tuer. Plus le droit de consommer. Mais à quand l’instauration du système viable que nous prônons désespérément ? Seul le No Kill préserve nos ressources (déjà bien mises à mal) et protège l’homme de ses velléités consommatrices… Quant à la pollution, malheureusement cela nécessite une denrée rare : la volonté politique.
R.P.




