Media Carpe N°78 // novembre décembre 2007

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EXTRAITS


The Ring : le «circle» infernal
Media Carpe #78

The Ring : le «circle» infernal

par Thomas Flauger Après avoir abordé le sujet de l’hameçon « Circle » dans un précédent Media Carpe, j’ai continué à faire des expérimentations dans le but de “sonder” un peu plus le potentiel de ces “drôles d’hameçons”. J’ai ainsi rapidement compris que les circles hooks sont des produits d’exception, dont les avantages dépassent largement la conservation du piquant sur fond rocheux en préservant en même temps des accrochages dans la caillasse : leur bonne utilisation offre en fait beaucoup plus… Lire la suite

 
Quand vient la crue : y aller ou pas ?
Media Carpe #78

Quand vient la crue : y aller ou pas ?

‹ Avant l’heure c’est pas l’heure, après… C’est trop tard ! Thomas Flauger Les grandes crues en hiver sont en effet un sujet peu traité, malgré le fait que ces évènements font très régulièrement partie de notre passion. Les grandes crues de rivière (et même celles des lacs de barrages) influencent évidemment à la fois le comportement des carpes et les conditions de pêche. Ces crues peuvent nous apporter le meilleur comme le pire, notamment quand il devient tout simplement impossible de pratiquer ! Mais entre ces deux extrêmes, un champ très vaste de situations spécifiques et variées s’ouvre à ceux qui osent défier les crues. Lire la suite

 
Le sel de la vie
Media Carpe #78

Le sel de la vie

par Jérémie Bressoles et Florent Dessort Il est aujourd’hui difficile de faire le tri parmi les incessantes nouveautés et les nombreux additifs et autres attractants destinés à la réalisation de billes fraîches. Sans compter que la plupart des interactions qu’ils peuvent avoir les uns avec les autres sont plutôt méconnues…. Comment tester leur véritable efficacité quand on incorpore 5 à 10 ingrédients dans un appât ? finalement, il est parfois plus judicieux de se tenir à une base simple et équilibrée et de se tourner vers des additifs naturels mais pourtant très effectifs. En tête de ces ingrédients qui peuvent booster une bonne recette arrive le sel. Non, je n’ai pas « un grain »… Lire la suite

 

SOMMAIRE

INFORMATIONS
P06 - Calendrier des enduros… et indiscrétions
P10 - Carpes postales
P16 - Coulisses du tournage : Coup de chaud sur les Terres Froides
P18 - Masters Media Carpe : défier le diable sur son lac
P22 - Matériel
P24 - Vitrine de Noël :
31 idées de cadeau maxi plaisir
SCOOP
P08 - Tournoi des 6 nations :
rencontre au sommet en 2008
P20 - Fluorocarbone hybride :
le corps de ligne idéal est né
TECHNIQUE
P30 - The ring : le circle infernal
Par Thomas Flauger
P36 - La grande vadrouille
Par Julien Borie
P44 - The rattler, le parfait indic’
Par John Lewellyn
P72 - Le sel de la vie
Par Jérome Bressoles et Florent Dessort
TESTé ET APPRouvé
P48 - Pantalon Prologic, épuisette Chub,
Gilet de sauvetage extreme-carpe.com
et moulinet Okuma
Point de vue
P50 - Quand vient la crue : y aller ou pas ?
Par Guillaume Vial, Thomas Flauger,
Saud Merdovic, Pascal Malahieude,
Sébastien Collignon, Patrick Zavan
Destinations
P60 - Voyage en Tarn Agout
Par Emmanuel Joulié
P68 - Vivale la bonne escale
Par David Loulier
Un club des photos
P64 - Par Christophe Roussel
Bouillettes au top
P63 - Boum créole, pas uniquement l’hiver
Par Ludovic Prugneau
Le montage de…
Ludovic Prugneau
P76 - Montage articulé complet :
360 bonnes raisons de l’utiliser
Les THONS DE LA REDACTION
P78 - Celle qu’on avait presque oubliée
Par Michel Chardin
Carpe Surfing
P80 - L’info débordante
Nos meilleures
petites annonces


EDITO

Pêche facile, pêche débile ?

En faisant l’éloge du capot dans mon précédent édito
je ne pouvais pas me douter que de piètres résultats allaient ainsi «
m’attendre au tournant ». Je rentre
d’une semaine de pêche au Maroc sur le lac de Bin el Ouidane et le capot
n’est pas passé loin. En pêchant à 3 en équipes
nous n’avons pris que 10 poissons (pour 10 touches) avec un record à 12,5
kg. Quand on connaît le potentiel du lac voici donc un résultat bien
minable. Les apparences sont souvent trompeuses et, dans l’Atlas, la pêche
n’est pas toujours facile…

Avec modération
Qu’est-ce qu’une pêche facile ? Une pêche facile ne peut se
dérouler qu’en cas d’une surdensité de poissons. Quand les carpes abondent,
de façon naturelle (résultat de la fraye) ou artificielle (empoissonnement)
la concurrence alimentaire et la forte densité de poissons à l’hectare
assurent le résultat. Quand on lance un montage il a parfois du mal à se
frayer un chemin jusqu’au fond.
Il y a tellement de carpes qu’on lance forcément non loin d’une ou plusieurs
carpes… et dans le lot il y en aura toujours quelques-unes en activité
alimentaire. Bref, dans ces cas, la touche ne tarde jamais. On prend
toujours du poisson, même si on s’y prend comme un
pied. Je ne dis pas que ce n’est pas amusant mais ce n’est assurément pas
comme ça que l’on progresse. Ne pratiquer que ce genre de pêche dans des
bassines gavées de milliers de carpes peut, à la longue rendre débile ou
paresseux. Une pêche donc à consommer avec modération.

Mystère
Revenons au Maroc, donc. Le plan d’eau est gigantesque, le cadre somptueux,
le soleil omniprésent, les températures rarement trop basses, le vent
souffle tous les jours, les carpes innombrables et pas encore éduquées.
Bref, en apparence, tout paraît simple. Les gros cartons réalisés au
printemps sur des rassemblements d’avant fraye accentuent cette impression
de simplicité. Et pourtant, croyez-moi, tout n’est pas simple à Bin el
Ouidane, je viens d’en faire la cuisante expérience. Les mystères et les
questions sans réponse sont nombreuses. Pourquoi les carpes ne se font pas
prendre la nuit (s’alimentent-elles de nuit ?) ? Pourquoi ne mordent-elles
pas à la bouillette ? Pourquoi ne se font-elles jamais prendre en bordure ni
dans de faibles profondeurs ? Que mangent-elles pour devenir si grosses ?
Pourquoi des conditions apparemment idéales (gros coups de vent, nuages et
pluies à l’automne) ne déclenchent pas de frénésies comme sur tous les
grands lacs européens ?

Viens poupoule
Confrontés à ces énigmes et au quasi capot, sur une île, pendant une
semaine, nous avons été amenés à cogiter. Il est certain que si les piles de
nos détecteurs avaient été plus sollicitées, nous aurions « foutu une paix
royale » à notre poignée de neurones. Bref nous avons échafaudé une théorie
que j’appelle la théorie la « carpe picoreuse ». En plongeant quelques
heures dans plusieurs zones du lac nous avons constaté que l’essentiel de la
nourriture des carpes se résumait à des sortes de petits limnées de 5 mm à 1
cm. Dans certaines zones ils jonchent le fond sableux et les rochers par
millions. Ils sont posés, de ci de là et se déplacent lentement, prêts à
être, aisément happés par la première carpe venue. L’eau est d’une clarté
telle que sous 7-8 mètres d’eau on voit encore parfaitement le fond. Je
parierai que même à 15 mètres de fond on voit correctement à un mètre… même
un petit escargot de quelques millimètres (de quoi faire une razzia). Bref
je fais l’hypothèse que les carpes de Bin el Ouidane se nourrissent
essentiellement à vue et picorent sur le fond, telles des poules, sur des
tapis de mini limnées.

Les picoreuses de l’Atlas
Pour se nourrir à vue comme elles le font depuis leur naissance, les carpes
de l’Atlas ne peuvent donc se nourrir dans l’obscurité de la nuit, ni près
du bord dans des eaux brassées limitant la visibilité ; cela expliquerait
pourquoi elles se nourrissent de jour (dès que le soleil passe au dessus des
montagnes), dans des profondeurs plutôt importantes (5 à 17 mètres) et par
conséquent jamais en bordure (et que le vent n’a pas un effet positif).
Pourquoi jamais de bouil-lettes ? Leurs habitudes alimentaires de «
picoreuses » sur des petites particules les incite naturellement à passer de
tapis de limnées à des tapis de graines. Et si vous plongez un peu vous
constaterez que sous le soleil marocain, au fond, même sous 10 mètres d’eau,
le maïs brille comme de l’or. Pour un poisson qui s’alimente à vue, c’est
pain béni.

Moins cogiter, plus dérouler
Bref, nous avons élaboré cette théorie et quelques prolongements que je vous
épargne à trois en une semaine. Tout se tient et
nous avons validé « par la négative », en ne prenant pas grand
chose, cette théorie. Elle est à moduler en fonction de facteurs
comme l’activité alimentaire plus ou moins grande des poissons
et leur plus ou moins grande concentration dans le secteur (comme dans
toutes les eaux). Nous avons peut-être partiellement
percé quelques mystères de Bin el Ouidane. Intellectuellement c’est
satisfaisant mais la prochaine fois, je ne serais pas contre une
pêche facile, une pêche débile.

Stéphane Gonzalez


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